La forêt incendiée

Il pleuvait. Les nuages étaient très bas. L'horizon bouché ne parvenait pas à cacher Les squelettes dont la vie avait été arrachée Par la tornade rouge qui avait mené le combat.

On pouvait s'élever à l'infini vers la crête là-bas, Sans être le moins du monde géné pour marcher, Par la végétation qui n'avait pas eu à sécher, Disparue en fumée au cours de ce branle-bas.

Les troncs calcinés, trempés par la pluie battante, Se hissaient, implorants, comme dans l'attente D'un secours qui ne viendra pas, plus jamais.

La forêt incendiée est devenue un grand cimetière Où les croix d'aujourd'hui sont les arbres d'hier Et dont les tombes ne seront plus fleuries désormais.

( Ce poème avait été écrit par mon père après un terrible incendie qui avait eu lieu non loin de chez nous. )