Les boomers nous lèguent l'Urgence climatique qu'ils ont créée.
(réactualisé le 29 juin 2026)
Avec cette première vague de chaleur de l'année 2026, précoce et dont l'intensité touche la quasi totalité du territoire français, les media unanimes déroulent un discours qui varie peu: le changement climatique s'accélère et les pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur des enjeux Edito Renaud Dély 25 juin 2026: le constat est indéniable, en effet. Le siècle précédent avait recensé six épisodes de de chaleur notable en 1911, 1921, 1947, 1976, 1983, 1994 et depuis la grande canicule de 2003, suivie par celle de 2006, les épisodes caniculaires se reproduisent à peu près tous les ans depuis 2017 (source Vie Publique- chronologie des principales canicules en France mise à jour 24 juin 2026).
Pour commencer qu'entend-on par Canicule?
Météo-France identifie une vague de chaleur si deux conditions fondées sur l'indicateur thermique national (ITN) sont remplies : Un ITN supérieur ou égal à 25,3 °C pendant une journée et supérieur ou égal 23,4 °C durant au moins trois jours.
Non les boomers ne sont pas responsables du changement climatique.
Au contraire les boomers et leurs aînés ont entrepris de le mesurer pour tenter de l'enrayer. Il est loin. le temps, où, dans les années soixante-dix, on plaisantait des vieux qui déjà se plaignaient “qu'il n'y avait plus de saison”. En 1974 lorsque René Dumont candidat aux élections présidentielles brandit un verre d'eau devant les caméras, c'est pour alerter l'opinion sur le risque de raréfaction de l'eau potable, pas pour alerter contre le changement climatique dont on n'avait alors aucune idée.
Oui le changement climatique est visible et s'accélère, mais l'éco anxiété née du sentiment “d'Urgence” climatique anesthésie toute velléité d'action*.
Urgence climatique et Eco-anxiété
Le discours unanime qui pointe la défaillance du politique, valide concomitamment l'idée d'une “urgence” climatique (“puisque rien n'a été fait, il faut aller deux fois plus vite”), qui elle-même favorise la diffusion d'une éco-anxiété largement partagée dans la population. Or l'anxiété sidère au lieu d'inciter à agir et renforce l'“urgence” climatique qu'elle entend dénoncer.
Le politique n'a rien fait: vraiment?
Le sentiment d'“urgence climatique” reprend à son compte la fameuse phrase de Jacques Chirac, alors président de la République française « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Or cette phrase, marque au contraire l'accélération de la prise de conscience des enjeux environnementaux et climatiques au niveau mondial et de la volonté de mettre en place une coopération internationale pour tenter de relever les défis associés. Chirac l'avait prononcée en ouverture de son discours devant l'assemblée plénière du IVᵉ Sommet de la Terre organisé par les Nations unies le 2 septembre 2002 à Johannesburg, en Afrique du Sud.
Avec la première Conférence des Nations unies sur l’environnement (Sommet de la Terre) à Stockholm en 1972, les obscures questions écologiques faiblement connues du grand public sont désormais hissées au rang des préoccupations internationales, pilotées par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) créé à cette occasion (source fiche vie publique 14 octobre 2024).
En en 1988, le PNUE créait conjointement avec Organisation météorologique mondiale (OMM) le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) qui publiait son premier rapport en 1990: le changement climatique est établi associé à une forte augmentation des concentrations de carbone dans l'atmosphère, mais son origine anthropique (liée aux activités humaine) ne sera formellement établie qu'à partir du deuxième rapport en 1995. Ce premier document servira de base pour l'élaboration d'une convention-cadre sur les changements climatiques qui sera signée en 1992.
Lors de la troisième édition du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, trois conventions fondamentales sont adoptées pour mesurer et enrayer les tendances identifiées comme prioritaires:
– la convention pour la lutte contre la Désertification (CNULD)
– la convention sur la Diversité biologique (CDB), qui a obtenu de nombreux résultats positifs, fort peu médiatisés, malheureusement, malgré la revitalisation de plusieurs espèces identifiées comme en danger. 👉voir aussi notre série pour que les bonnes nouvelles aient meilleure presse
– et surtout la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui pose le principe de “responsabilités communes mais différenciées” des États, en fonction de leur stade de développement. Cette convention sur le Changement climatique prévoit que les pays signataires se réuniront annuellement dans Conférences des Parties (COP): celle de 1997 (COP 3) aboutira à la signature du Protocole de Kyoto qui définit pour chaque pays des objectifs mesurables et contraignants. Enfin la conférence réunie à Paris (COP 21) en 2015 fixera comme objectif une limitation du réchauffement mondial entre 1,5°C et 2 °C d’ici à 2100 et charge les Etats-membres de mettre en oeuvre les moyens pour y parvenir. Mais pour limiter le réchauffement planétaire en deçà du seuil critique de 1,5 °C, le monde doit réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030 et atteindre zéro émission nette avant le milieu du siècle source PNUD, texte explicatif du 2 avril 2024. Il est donc indispensable de souligner que les efforts fournis aujourd'hui ne produiront des effets visibles en termes de stabilisation des températures à la surface de la terre qu'après une cinquantaine d'années.
Présentées comme des grand-messes, ces réunions sont injustement moquées.
A l'instar des réunions des grands argentiers de la planète (G7), les COP sont généralement dénigrées par les organisations de la société civile, qui ne manquent pourtant pas d'y participer.
Ces réunions, ont pourtant permis de mettre en place une coopération internationale, sur les plans politique et scientifique, sans précédent dans l'histoire mondiale: bref une concrétisation de l'aspiration des Nations Unies qui pourrait susciter une certaine nostalgie à l'heure où les rapports de force semblent redevenir l'unique moyen de gouvernance mondiale.
Depuis l'accord de Paris ratifié par 194 Etats (actualisation de la CNUCC du 27 janvier 2026, les pays signataires fournissent tous les 5 ans, un rapport de suivi des Contributions Déterminées au niveau National (CDN), qui présente à la fois une actualisation des émissions annuelles de chaque pays et un point sur les premiers résultats des politiques menées
Ces politiques sont certainement trop lentes et insuffisantes, comme le dénoncent les militants associatifs, et leur conduite erratique conditionnées par des changements de contextes dans les paysages politiques nationaux. De là à dénoncer leur inexistence, il y a un pas aisément franchi par les discours radicaux, servis par le simple fait que les résultats des politiques actuelles ne seront visibles que plusieurs décennies après leur mise en oeuvre.
Pour plus d'éléments, la série complète se trouve ici:👉
Plus de publications sur ce blog, c'est ici: Les articles de ce blog sont également consultables sur tous les réseaux sociaux reliés au Fediverse Pour nous suivre sur Mastodon, c'est ici: Mastodon est un un réseau social libre, open-source et décentralisé créé en Allemagne en 2016.