PouvoirDAgir

“La sérénité d'accepter les choses qu'on ne peut changer, le courage de changer celles qui peuvent l'être et la sagesse d'en connaître la différence”

Les boomers nous lèguent l'Urgence climatique qu'ils ont créée.

(réactualisé le 29 juin 2026)

Avec cette première vague de chaleur de l'année 2026, précoce et dont l'intensité touche la quasi totalité du territoire français, les media unanimes déroulent un discours qui varie peu: le changement climatique s'accélère et les pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur des enjeux Edito Renaud Dély 25 juin 2026: le constat est indéniable, en effet. Le siècle précédent avait recensé six épisodes de de chaleur notable en 1911, 1921, 1947, 1976, 1983, 1994 et depuis la grande canicule de 2003, suivie par celle de 2006, les épisodes caniculaires se reproduisent à peu près tous les ans depuis 2017 (source Vie Publique- chronologie des principales canicules en France mise à jour 24 juin 2026).

Pour commencer qu'entend-on par Canicule?

Météo-France identifie une vague de chaleur si deux conditions fondées sur l'indicateur thermique national (ITN) sont remplies : Un ITN supérieur ou égal à 25,3 °C pendant une journée et supérieur ou égal 23,4 °C durant au moins trois jours.

Non les boomers ne sont pas responsables du changement climatique.

Au contraire les boomers et leurs aînés ont entrepris de le mesurer pour tenter de l'enrayer. Il est loin. le temps, où, dans les années soixante-dix, on plaisantait des vieux qui déjà se plaignaient “qu'il n'y avait plus de saison”. En 1974 lorsque René Dumont candidat aux élections présidentielles brandit un verre d'eau devant les caméras, c'est pour alerter l'opinion sur le risque de raréfaction de l'eau potable, pas pour alerter contre le changement climatique dont on n'avait alors aucune idée.

Oui le changement climatique est visible et s'accélère, mais l'éco anxiété née du sentiment “d'Urgence” climatique anesthésie toute velléité d'action*.

Urgence climatique et Eco-anxiété

Le discours unanime qui pointe la défaillance du politique, valide concomitamment l'idée d'une “urgence” climatique (“puisque rien n'a été fait, il faut aller deux fois plus vite”), qui elle-même favorise la diffusion d'une éco-anxiété largement partagée dans la population. Or l'anxiété sidère au lieu d'inciter à agir et renforce l'“urgence” climatique qu'elle entend dénoncer.

Le politique n'a rien fait: vraiment?

Le sentiment d'“urgence climatique” reprend à son compte la fameuse phrase de Jacques Chirac, alors président de la République française « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Or cette phrase, marque au contraire l'accélération de la prise de conscience des enjeux environnementaux et climatiques au niveau mondial et de la volonté de mettre en place une coopération internationale pour tenter de relever les défis associés. Chirac l'avait prononcée en ouverture de son discours devant l'assemblée plénière du IVᵉ Sommet de la Terre organisé par les Nations unies le 2 septembre 2002 à Johannesburg, en Afrique du Sud.

Avec la première Conférence des Nations unies sur l’environnement (Sommet de la Terre) à Stockholm en 1972, les obscures questions écologiques faiblement connues du grand public sont désormais hissées au rang des préoccupations internationales, pilotées par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) créé à cette occasion (source fiche vie publique 14 octobre 2024).

En en 1988, le PNUE créait conjointement avec Organisation météorologique mondiale (OMM) le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) qui publiait son premier rapport en 1990: le changement climatique est établi associé à une forte augmentation des concentrations de carbone dans l'atmosphère, mais son origine anthropique (liée aux activités humaine) ne sera formellement établie qu'à partir du deuxième rapport en 1995. Ce premier document servira de base pour l'élaboration d'une convention-cadre sur les changements climatiques qui sera signée en 1992.

Lors de la troisième édition du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, trois conventions fondamentales sont adoptées pour mesurer et enrayer les tendances identifiées comme prioritaires:

– la convention pour la lutte contre la Désertification (CNULD)

– la convention sur la Diversité biologique (CDB), qui a obtenu de nombreux résultats positifs, fort peu médiatisés, malheureusement, malgré la revitalisation de plusieurs espèces identifiées comme en danger. 👉voir aussi notre série pour que les bonnes nouvelles aient meilleure presse

– et surtout la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui pose le principe de “responsabilités communes mais différenciées” des États, en fonction de leur stade de développement. Cette convention sur le Changement climatique prévoit que les pays signataires se réuniront annuellement dans Conférences des Parties (COP): celle de 1997 (COP 3) aboutira à la signature du Protocole de Kyoto qui définit pour chaque pays des objectifs mesurables et contraignants. Enfin la conférence réunie à Paris (COP 21) en 2015 fixera comme objectif une limitation du réchauffement mondial entre 1,5°C et 2 °C d’ici à 2100 et charge les Etats-membres de mettre en oeuvre les moyens pour y parvenir. Mais pour limiter le réchauffement planétaire en deçà du seuil critique de 1,5 °C, le monde doit réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030 et atteindre zéro émission nette avant le milieu du siècle source PNUD, texte explicatif du 2 avril 2024. Il est donc indispensable de souligner que les efforts fournis aujourd'hui ne produiront des effets visibles en termes de stabilisation des températures à la surface de la terre qu'après une cinquantaine d'années.

Présentées comme des grand-messes, ces réunions sont injustement moquées.

A l'instar des réunions des grands argentiers de la planète (G7), les COP sont généralement dénigrées par les organisations de la société civile, qui ne manquent pourtant pas d'y participer.

Ces réunions, ont pourtant permis de mettre en place une coopération internationale, sur les plans politique et scientifique, sans précédent dans l'histoire mondiale: bref une concrétisation de l'aspiration des Nations Unies qui pourrait susciter une certaine nostalgie à l'heure où les rapports de force semblent redevenir l'unique moyen de gouvernance mondiale.

Depuis l'accord de Paris ratifié par 194 Etats (actualisation de la CNUCC du 27 janvier 2026, les pays signataires fournissent tous les 5 ans, un rapport de suivi des Contributions Déterminées au niveau National (CDN), qui présente à la fois une actualisation des émissions annuelles de chaque pays et un point sur les premiers résultats des politiques menées

Ces politiques sont certainement trop lentes et insuffisantes, comme le dénoncent les militants associatifs, et leur conduite erratique conditionnées par des changements de contextes dans les paysages politiques nationaux. De là à dénoncer leur inexistence, il y a un pas aisément franchi par les discours radicaux, servis par le simple fait que les résultats des politiques actuelles ne seront visibles que plusieurs décennies après leur mise en oeuvre.

Pour plus d'éléments, la série complète se trouve ici:👉

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En guise d'introduction

Le jugement est quasi unanime, porté par nos proches nouvellement passés à l'âge adulte, enfants, petits-enfants, nièces ou neveux: l'incurie des boomers, coupables après avoir joui sans entrave, de laisser derrière eux un monde sans avenir Marion Messina, Marianne, 6 janvier 2023. Certes, après les carnages des guerres napoléoniennes, de 1870, 1914-1918 et 1939-1945, les boomers constituent la première génération à n'avoir pas connu la guerre directement sur son territoire. Mais le reste du constat mériterait d'être plus nuancé.

Difficile toutefois de questionner les convictions d'une personne que l'on aime et que l'on respecte ou d'infléchir la radicalité de ses jugements de jeune adulte. Tentons à tout le moins de mettre à sa disposition des faits qu'elle semblerait méconnaître.

Tout d'abord qu'entend-on par “boomers”?

Statistiquement les “boomers” représentent la part de la population née en Occident entre 1945 et 1960. -Certaines statistiques présentent un panel de personnes nées entre 1947 et 1964 ou 65-. Il s'agit donc de personnes qui avaient vingt ans grosso modo entre le milieu des années soixante et le milieu des années quatre-vingts: les plus âgées ont joué un rôle de premier plan en 1968, à l'instar de Daniel Cohn-Bendit qui avait alors 23 ans, aux côtés de leurs aînés, Alain Geismar (né en 1939), Alain Krivine (né en 1941) ou Jacques Sauvageot (né en 1943).

Jouir sans entrave : les années soixante-dix

Influencée par le cinéma de la nouvelle vague – Jean-Luc Godard (1930-2022), François Truffaut (1932-1984)...–, par les figures de la Beat Generation popularisées par le roman On the Road de Jack Kerouak (1957), la décennie 1970, a vu l'éclosion d'un contre-modèle de société, héritier des événements de 1968. La rapide diffusion de la pilule contraceptive autorisait le renversement des codes sociaux (et notamment avec la pratique de l'amour libre, la redécouverte des sagesses orientales et la création de communautés de vie pensées comme des alternatives à l'institution du mariage. Mais cet élan sociétal se heurtera simultanément à une réalité économique implacable. Le premier choc pétrolier de 1973 entraînera dans son sillage la fin des trente glorieuses, cette prospérité industrielle de l'Occident qui s'appuyait sur de l'énergie bon marché : chômage, précarité, déclassement constitueront le socle d'un discours qui ne cessera de s'amplifier, à la recherche d'un paradis perdu.

Les années quatre-vingts: les années Mitterrand.

L'élection de François Mitterrand en 1981 suscite un formidable enthousiasme. Elle ouvre les portes du pouvoir à l'Union de la Gauche qui commence à mettre en oeuvre ses 110 propositions pour la France dont l'essentiel est réalisé sur les premières années de son mandat (Le Dauphiné 10 mai 2021) : abolition de la peine de mort, en dépit de l'hostilité alors majoritaire dans l'opinion française (1981), reconnaissance des droits des homosexuels, nationalisation de quarante banques et d’une trentaine d’entreprises, semaine de travail de 39 heures cinquième semaine de congés payés (1982), abaissement de l'âge de la retraite de 65 à 60 ans (1983).
Ici encore, la hausse du chômage (de 5,1% de la population 1980 à 7,9% 1985) source Insee 2016, et les trois dévaluations successives du Franc en octobre 1981, juin 1982 et mars 1983 obligeront le gouvernement à changer de politique et engager le “tournant de la rigueur” sous la houlette de Jacques Delors. Alors que le chômage et l'exclusion gagnent toutes les catégories de la population, l'humoriste et comédien Michel Colucci crée les Restaurants du Cœur, plus connus sous le nom de Les Restos du Cœur.

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🌐 Notre série: Boomers pourquoi tant de haine ?

En guise d'introduction:

Peut-on encore défendre les “boomers” coupables, après avoir “joui sans entrave”, de laisser aux jeunes un monde sans avenir? Tel est du moins le jugement radical largement partagé par une partie importante de la population, en France notamment.

Dans nos démocraties libérales, chaque individu est libre de ses propres choix, fondés ou non sur ses propres croyances, ou sa perception du réel. Malheureusement, les jugements fondés sur diagnostics biaisés produisent rarement des décisions pertinentes pour la collectivité.

👉 Pour lire l'article complet, c'est ICI:

Urgence climatique, no future, vraiment?

Avec la multiplication des événements météorologiques extrêmes, le changement climatique est visible et s'accélère, ce qui nourrit une angoisse légitime. Mais contrairement au procès qui leur est fait, ce changement n'a pas été causé par les “boomers” qui n'ont fait que le mettre en évidence pour mieux lutter contre.

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Les “boomers” ont joui sans entrave...

Oui les “boomers” ont bénéficié des acquis obtenus grâce aux luttes de leur parents. Oui, ils ont traversé cette période dite des “trente glorieuses” dans un monde qui s'était libéré du nazisme. Du nazisme oui, mais pas des dictatures qui s'en étaient inspirées: qui peut encore imaginer l'extrême pauvreté dans laquelle étaient plongés des pays aujourd'hui au coeur de l'Europe comme l'Espagne, le Portugal ou la Grèce? Alors que nous gardons tous en mémoire l'angoisse créée par la pandémie du Covid, comment représenter celle associée à la brutale apparition du Sida, cette épidémie meurtrière qui a touché et touche encore au plus intime de la vie de chacun?

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.. Et laissent à leurs petits-enfants un monde en miettes

Soyons clairs: il n'est pas question d'écrire ici que le monde d'aujourd'hui est d'une sérénité absolue, bien au contraire! Le retour de la guerre en Europe, un proche-Orient à feu et à sang depuis plus de soixante-dix ans, une mondialisation à bout de souffle, fragilisée notamment par la remise en cause du principe de coopération par des régimes offensifs: rien de tout cela ne peut donner lieu à se réjouir et les défis que doivent relever les jeunes générations sont immenses. Mais celles-ci disposent aussi d'indéniables atouts: mieux formées et en meilleure santé, elles disposent de beaucoup plus de moyens technologiques et financiers que leurs aînés. Encore leur faut-il construire des solutions sur des constats établis par des faits, non des croyances.

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Mais c'est quoi le Fediverse?

C'est un concept pensé comme une alternative crédible aux réseaux sociaux actuels, constituée autour de plateformes respectueuses des choix des utilisateurs ( pas d'algorithme agressif) et de leurs données personnelles. Ces instances fonctionnent pour la plupart sur la base de logiciels libres et open source. Contrairement aux réseaux sociaux prives elles communiquent entre elles grâce à des protocoles communs comme ActivityPub.

Le nom de Fediverse est un mot-valise formé à partir des termes aussi bien en anglais qu'en français de “fédération” et d'“univers” .

[un article de Karspersky ici pour y voir plus clair] (https://www.kaspersky.fr/blog/what-is-fediverse/21036/)

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🌐 Notre série : Pour que les bonnes nouvelles aient meilleure presse.

On disait naguère ne jamais parler des trains qui arrivent à l'heure. Certes ce cas de figure est de plus en plus rare de nos jours🤔, mais nous n'en avons pas moins gardé cette préférence pour les mauvaises nouvelles plutôt que pour les bonnes. Un constat qui a fait la réussite d'une première génération de réseaux sociaux.

Ici, nous avons pris le parti de partager les bonnes nouvelles. Tout simplement parce qu'on en a besoin pour avancer

le biais de négativité de quoi parle-t-on exactement?

Les neuro-sciences ont depuis lors confirmé ce biais de négativité

👉 Pour lire l'article complet, c'est ici

Cocorico?.

La moisson des prix accordés par le Comité Nobel aux plus grands noms de la recherche, de la littérature et aux personnes ayant apporté une contribution majeure à la paix, a été fertile pour notre pays cette année en distinguant deux Français: le physicien Michel Devoret le 6 octobre et l'économiste Philippe Aghion le 13 octobre. 👉 Pour lire l'article complet, c'est ici

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📣 Cocorico?

La moisson a été fertile cette année pour notre pays, des prix accordés par le Comité Nobel aux plus grands noms de la recherche, de la littérature et aux personnes ayant apporté une contribution majeure à la paix. Deux Français ont en effet été distingués en octobre : le physicien Michel Devoret le 6 et l'économiste Philippe Aghion le 13.

Michel Devoret est co-titulaire du prix Nobel de Physique également décerné au Britannique John Clarke et à l'Américain John M. Martinis, tous trois de l’université de Californie aux États-Unis.

Ce prix récompense les expériences qu’ils ont menées ensemble dans les années 1980, où ils avaient démontré que l’effet tunnel quantique peut être observé à une échelle macroscopique grâce à l’utilisation de supraconducteurs.

L’effet tunnel est un phénomène suivant lequel un système quantique est capable de traverser une barrière réputée infranchissable selon les outils de la physique classique. Les lauréats du prix Nobel 2025 ont démontré que cet effet tunnel ne se produisait pas seulement pour des électrons isolés mais aussi pour des états quantiques macroscopiques constitués de milliards d’électrons.

Philippe Aghion est co-titulaire du Prix 2025 en économie, aux côtés de l’Américano-Israélien Joel Mokyr et du Canadien Peter Howitt, pour leurs travaux sur l'économie de la croissance.

Philippe Aghion est professeur au Collège de France voir sa bio ICI et à l'INSEAD, professeur invité à la London School of Economics et membre de l'Econometric Society et de l'American Academy of Arts and Sciences. Avec Peter Howitt, il est à l'origine du paradigme de la croissance dite schumpétérienne, sur la base des travaux de Joseph Schumpeter.

Quel écho médiatique à ces bonnes nouvelles?

Comparé à leurs deux prédécesseurs directs, les physiciens français Anne L'huillier et Pierre Agostini, lauréats du prix Nobel en 2023, nos deux Nobélisés, ont reçu cette année un plus large accueil médiatique ...

Sur une base d'une recherche effectuée sur le web le 3 novembre avec le moteur Google:

  • La combinaison de mots Michel Devoret prix Nobel Physique 2025 a fait l'objet de 29 000 publications mais seulement 388 sur les sept jours précédents. A titre de comparaison, la même recherche sur les Nobel de Physique en 2023, Anne L'huillier et Pierre Agostini, a recueilli respectivement 6 190 et 6 510 résultats, sans limite de date, et seulement 1130 et 893 résultats sur les 12 derniers mois.

  • La recherche réalisée suivant les mêmes modalités avec les termes Philippe Aghion prix Nobel économie 2025 donne 129 000 résultats sans précision de date, dont 5 560 sur les 7 jours précédents.

...Mais cette notoriété est fugace, sans commune mesure avec l'impact de leurs travaux sur les générations futures.

Une notoriété qui suscite des polémiques peut être concomitamment prolongée.

Parmi ces quatre les noms testés, celui de Philippe Aghion semble avoir fait l'objet d'une couverture médiatique plus intense avec potentiellement plus de publications relayées sur X, Linked'In, Instagram et Facebook.

Serait-ce révélateur du chauvinisme français, fidèle aux stéréotypes que les étrangers portent en général sur nos compatriotes? Serait-ce une passion soudaine du grand public pour la politique économique? Rien n'est moins sûr.

Si on ajoute en effet le mot clé “critique” dans la recherche précédente, on obtient 4480 résultats (soit 80% du résultat initial de 5560) et 757 occurrences si on remplace le terme 'critique' par celui de 'polémique' dans la même recherche.

Gardons-nous bien du raisonnement fallacieux qui consisterait à trouver une explication dans la corrélation entre deux événements, à l'instar du fameux “effet cigogne” selon lequel le taux de natalité était plus élevé dans les communes (rurales) abritant des cigognes: d'où la conclusion que les cigognes apportaient les bébés (CQFD). Mais il est désormais établi que le modèle économique des réseaux sociaux (et d'un nombre croissant de media dits traditionnels) repose sur l'exploitation des émotions négatives, qui, telle la goutte d'encre de chine dans un verre d'eau, impriment leur marque de manière plus visible et plus durable dans les esprits.
Et la nomination de Philippe Aghion, à la place des autres candidats français potentiels, tels Thomas Piketti ou de Gabriel Zucman, suscite les passions.

Ancien conseiller de Ségolène Royal, de François Hollande puis, inspirateur en 2017 du programme économique d’Emmanuel Macron, Philippe Aghion a ensuite pris ses distances avec le Président sortant, auquel il reprochait d'avoir abandonné son ambition sociale. Défenseur de l'innovation pour la croissance, seul moyen selon lui de financer les investissements nécessaires pour créer de la richesse et financer les dépenses requises par nos sociétés modernes, cet économiste chahute également des convictions fortes ancrées à gauche.

Surtout, Philippe Aghion a publiquement émis, bien avant sa nomination au Nobel, des réserves sur la taxe Zucman, qui selon lui “inclut l'outil de travail” ce qui la rend susceptible de “transformer la France en prison fiscale”, de faire tomber son attractivité et donc de miner son potentiel de création de richesses.

Le troisième pilier de cette polémique consiste à décrédibiliser ce “prix Nobel” qui... n'existe pas, argument jugé suffisant pour lui dénier toute valeur scientifique. Il est exact qu'il n'y a pas eu de Prix créé du vivant d'Alfred Nobel à l'attention des économistes: de nombreuses anecdotes, -véridiques ou non?– circulent à ce propos. Ce prix a été créé ultérieurement par la Banque de Suède, d'où son nom officiel de “Prix de la Banque de Suède en Sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel”. Mais en quoi cette anecdote remettrait-elle en cause la rigueur intellectuelle du jury chargé de sélectionner le lauréat? Et en quoi pourrait-elle autoriser la production de contenus remettant en cause le mérite académique du lauréat?

D'ailleurs, la précédente lauréate française de ce même prix, Esther Duflo (2019), n'avait pas fait l'objet d'une telle vilénie : il est vrai que ses travaux sur la lutte contre la pauvreté abordaient un sujet largement plus consensuel.

Cocorico pour conclure?

N'en déplaise à nos amis étrangers, loin d'être chauvins, nous nourrissons au contraire une passion morbide pour l'auto-dénigrement, surtout lorsqu'il s'agit des autres, car nous excellons rarement dans l'autodérision. Et à propos d'excellence, celle d'un petit nombre- sauf éventuellement celle de footballeurs ou de tennismen parce qu'ils continuent à nous faire rêver – nous renvoie à ce que nous sommes réellement; ce que nous percevons comme une insupportable injustice et la preuve d'un système inégalitaire à abattre. Pas sûr que ce ressentiment collectif nous aide à grandir.

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“Ultra-riches”, pourquoi tant de haine?

À voir la focalisation des débats sur le budget 2026 autour des “ultra-riches”, on pourrait croire que les responsables du marasme politique et financier de la France sont enfin identifiés. Par delà les jugements moraux tapis derrière le terme “ultra” qui signifie en dehors de toute norme admise, Essayons d'y voir un peu plus clair.

Une question tout d'abord: on connaît le concept de riche par opposition à celui de pauvre, même si cet antagonisme peut revêtir des contours variés suivant les contextes et surtout les pays. Pour lever ces ambiguïtés, les riches, sont généralement présentés par rapport au montant estimé de leur fortune (millionnaires et le plus souvent milliardaires) en dollars des Etats-Unis.

Quelle est leur importance dans le paysage mondial?

D'après le magazine Forbes qui réactualise tous les ans le montant des fortunes mondiales, il y a 3 028 milliardaires dans le monde (sur une population mondiale qui devrait avoir dépassé les 8 milliards d'habitants en 2025 d'après les Nations-Unies). Leur surface financière totale serait de 16 100 milliards de dollars, ce qui représente 15% du produit intérieur brut (PIB) mondial.

C'est énorme. Mais il convient de se garder de tomber dans le piège d'une confusion entre capital et revenus qui “pimente” aujourd'hui les débats en France. Quand on évoque la richesse des milliardaires, on se réfère au cumul des actifs constitués au fil des années depuis la création de celle-ci. Quand on mentionne le PIB, on parle à l'inverse de la richesse créée sur une année. Pour comparer ce qui est comparable, la richesse des milliardaires aurait, d'après Forbes, augmenté de 2000 milliards de dollars sur un an soit moins que le PIB mesuré en 2024 pour la Guinée Bissau ou le Burundi. (Source : données de la Banque Mondiale).

Retour en France: les riches payent-ils des impôts?

Contrairement à l'idée reçue, non seulement les milliardaires et multi-millionnaires payent des impôts, mais leur contribution est proportionnellement plus élevée que celle du reste des Français: le dixième le plus aisé de la population française contribue aux trois quarts de l'impôt sur le revenu. A l'inverse les 22 millions de foyers fiscaux les plus modestes en sont exonérés: l'impôt sur le revenu est acquitté par 19 millions de foyers fiscaux, soit 46% des 41 millions de foyers fiscaux en France. (Source: France info mai 2025).

Alors d'où vient le problème?

Pour les personnes les plus fortunées, la nature des revenus ne provient généralement pas du versement de salaires (ou assimilés), mais des bénéfices des sociétés qu'elles contrôlent. Ces bénéfices sont imposables au titre de l’impôt sur les sociétés et les personnes qui contrôlent celles-ci tirent leurs revenus de la partie distribuée au prorata des actions qu'elles possèdent.

Or, notre système fiscal n’est pas adapté à la réalité des capacités contributives des foyers les plus fortunés dont les revenus peuvent aussi provenir de bénéfices logés dans des holdings établies à l'étranger.

Quelles sont les composantes de la polémique actuelle?

La polémique est née à partir d'un article par l'Institut des Politiques publiques (IPP) au sein duquel l'économiste Gabriel Zucman est chercheur affilié.

Cette étude publiée en Juin 2023 sur la base de données de 2016 mentionne notamment que ” Au sein des 0,1 % des foyers fiscaux les plus riches, le taux d’imposition global devient régressif, passant de 46 % pour les 0,1 % les plus riches, à 26 % pour les 0,0002 % les plus riches (les « milliardaires »)” (..) “En conséquence, poursuit le document, les taux d’imposition effectifs à l’impôt sur le revenu diminuent en pourcentage du revenu économique global pour atteindre environ 2% parmi le top 0,001%.” Dès lors l'étude conclue que 97% du revenu économique des 75 ménages de milliardaires français échappe au “revenu fiscal de référence” .

Pour évaluer la contribution d'un ménage au budget de l'Etat, l'étude de l'IPP retient donc comme indicateur le “revenu fiscal de référence” associé à l'avis d'impôt sur le revenu, mais n'intègre pas, les autres contributions des foyers fiscaux les plus aisés, notamment par le biais de l'impôt sur les sociétés des entreprises qu'ils contrôlent.

Taxer les riches sur ce qu'ils possèdent et non ce qu'ils gagnent, quelle différence au fond?

Comme il est difficile d'appréhender l'assiette des revenus taxables des ménages les plus aisés, l'idée s'est progressivement installée de taxer ceux-ci également sur leur richesse -leur patrimoine y compris professionnel. Mais, alors que les revenus sont matérialisés par une entrée d'argent, la richesse est déterminée sur la base de l'estimation d'un patrimoine (des actifs immobiliers et financiers principalement) qui n'a pas été vérifiée par une vente. Or ces actifs sont fluctuants, comme Elon Musk, certes l'homme le plus riche du monde, en a fait l'amère expérience en “perdant” en une journée près de 34 milliards de dollars. Dans les faits, Elon Musk n'a pas vraiment perdu cet argent, dans la mesure où il n'a pas vendu ses actions ce jour là, mais la valorisation de sa richesse a brutalement été réévaluée avec 34 milliards de dollars en moins.

Autre difficulté: les actifs des milliardaires ne sont pas immédiatement disponibles, puisqu'ils sont investis dans des locaux qui sont occupés et des entreprises qui emploient et participent à la création de richesse des pays où elles exercent leurs activités. Pour que les contribuables les plus fortunés s'acquittent d'une éventuelle contribution sur leur richesse, il faudrait qu'ils en vendent une partie pour pouvoir disposer des ressources additionnelles nécessaires au paiement de leur contribution. Pas évident dans le cas de biens immobiliers, difficilement fractionnables, mais pas simple non plus pour les actifs financiers: vendre une partie des actions détenues par les plus riches signifierait amputer le capital des entreprises qu'ils contrôlent, les condamner à réduire leur fonds de roulement, et fragiliser leur viabilité économique. Est-ce vraiment nécessaire?

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🌐 Notre série: Le budget, pourquoi tant de haine?

En guise d'introduction:

Comment appréhender cet exercice qui est à lui seul responsable de la chute de trois gouvernements en un an? 👉 Pour lire l'article complet, c'est ici

Le budget comme acte politique.

Contrairement à un discours fortement médiatisé, le budget n'est pas un gros gâteau que certains groupes de pression confisqueraient (les fameux cadeaux) au détriment des autres. Le budget est un acte prévisionnel qui précise pour l'année à venir les enveloppes de dépenses prévues, que l’État envisage de financer avec les recettes qu’il espère pouvoir encaisser pendant la même période. Sa préparation et à plus forte raison, son #vote, supposent d’avoir une vision de ce que peut être le pays dans un an, ce qui lui donne un caractère politique : c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le budget est rarement voté par les oppositions, du moins dans la tradition française. 👉 Pour lire l'article complet, c'est ici

Le budget notre affaire à tous.

Mais au fait qu'y a -t-il dans ce budget exactement? Ce nouvel article pour y voir plus clair et décrypter certaines analyses parfois un peu trop rapides. 👉 Pour lire l'article complet, c'est ici

Trois pistes pour financer le deficit public.

Aucune ne constitue la solution idéale, mais quand un État a une réputation de solidité financière, la moins mauvaise est l'emprunt sur les marchés financiers. Malheureusement, on ne peut l'utiliser indéfiniment. 👉 Pour lire l'article complet, c'est ici

Trois pistes, plus une!

👉 Pour lire l'article complet, c'est ici

Alors on dépense combien finalement?

Pour y voir clair, rien de plus simple qu'un tableau avec les chiffres bruts. C'est ce que nous vous proposons dans cet article 👉 Pour lire l'article complet, c'est ici

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Alors on dépense combien finalement?

Comme précisé dans un post précédent, les comptes publics présentent de manière consolidée les recettes et les dépenses de toutes les administrations publiques confondues (APU): organisées autour de trois secteurs au sein de l’ensemble: * Les administrations publiques centrales qui incluent deux sous-secteurs: l’État et les organismes divers d’administration centrale (ODAC). * Ensuite les administrations publiques locales (APUL) qui incluent l’ensemble des collectivités territoriales mais aussi les organismes divers d’administration locale. * Enfin, les administrations de sécurité sociale (ASSO) qui regroupent l' Observatoire national du développement et de l’action sociale et l’ensemble des régimes d’assurance sociale : régime général et régimes spéciaux de Sécurité sociale, régimes de retraite complémentaire ou assurance-chômage. C'est le solde global de toutes ces administrations publiques qui est concerné par les règles européennes du traité de Maastricht applicables aux pays de la zone euro.

Au terme de l'exercice 2024, le Compte des administrations publiques présentait les chiffres suivants:

type de budget Recettes Dépenses Solde
État et Administration centrale (ODAC) 516.2 670.3 -154,1
Administrations publiques locales (APUL) 313 329.7 -16,7
administrations de sécurité sociale (ASSO) 779.1 776.8 2,3
Ajustements nets*. -106,7 -106,5 -0,2
Ensemble des administrations publiques 1501.6 1670.3 -168.7

*la ligne “Ajustements” (calculée) représente les transferts consolidés entre les trois sous-secteurs: administrations centrales, locales et de sécurité sociale.

Bonne nouvelle, à lire les chiffres bruts, les comptes de la sécurité sociale seraient donc dans le vert? Oui, si on veut, mais...non. Il s'agit plutôt de la réduction drastique ( 9,2 milliards (Md€) en un an) d'un excédent des administrations de sécurité sociale (ASSO), lui même tiré par l'excédent de la Caisse d'Amortissement de la Dette Sociale (CADES) – dont la fonction est de rembourser la dette passée des ASSO –. Corrigé de ce coup de pouce apporté par la CADES, les Administrations de Sécurité sociale enregistrent au contraire un déficit de 13,3 Md€ sur 2024 dans leur fonctionnement courant. Cette dégradation s’explique principalement par une accélération des dépenses (+5,5 % après +4,2 %), et un ralentissement des recettes (+4,2 % après +4,6 %). D'après l'INSEE, les causes du dérapage sont les suivantes:

“L’accélération des dépenses des ASSO est portée par les prestations sociales (+6,0 % après +3,9 %). Les prestations vieillesse-survie (en dehors des pensions de l’État qui font partie des dépenses de l’État) augmentent à nouveau fortement (+6,9 %), principalement du fait de l’application des règles de revalorisation sur l’inflation passée (+5,3 % au 1er janvier 2024 pour les pensions de base, et +4,9 % au 1er novembre 2023 pour les pensions complémentaires). Les prestations de santé sont également dynamiques (+4,9 %), en particulier avec les indemnités journalières, les remboursements d’honoraires médicaux et paramédicaux et de médicaments. Les prestations chômage restent en nette augmentation (+5,3 %) du fait d’une hausse des effectifs indemnisés et du dynamisme des salaires soutenant les dépenses d’indemnisation. Ces effets haussiers sont partiellement atténués par les premiers effets de la réforme de l’assurance chômage de 2023”.

“Les recettes des ASSO augmentent de 4,2 %. Les cotisations sociales (+4,3 % après +4,5 %) ralentissent moins que la masse salariale du secteur privé (+3,3 % après +5,7 %). En effet, les allègements généraux de cotisations se replient légèrement en raison de la décompression de l’échelle des salaires. De plus, les cotisations du secteur public et des indépendants sont dynamiques. Les autres contributions (notamment CSG et CRDS) décélèrent (+4,1 % après +5,9 %) avec la masse salariale, mais restent soutenus par le dynamisme des revenus de remplacement (retraite, chômage, etc.) et du patrimoine. Les taxes et impôts sur la production accélèrent légèrement (+2,5 % après +1,6 %), malgré la montée en charge de la réduction de la part de TVA affectée aux ASSO (reprise d’une partie des excédents de l’Unedic pour financer la politique de l’emploi)”

Source INSEE Comptes des administrations 2024

Ces chiffres ont servi de base à la préparation de la loi portant approbation des comptes de l’année 2024. Malheureusement, celle-ci a été rejetée par l'Assemblée nationale en juin 2025, une attitude qui tend à s'ancrer depuis le précédent du 3 juillet 2022 ainsi commenté par le Conseil Constitutionnel: ” Jamais un texte soumis à dernier mot à l'Assemblée nationale n'avait été rejeté(..) hormis un précédent de 1833 (..)” > Un précédent qui s'est ensuite ancré dans la vie politique et budgétaire du pays, selon laquelle même les chiffres destinés à présenter la réalité économique et financière de la manière la plus rigoureuse et transparente possible ne permettent pas de dégager une majorité.

Pourquoi donc tant de haine?

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3 pistes pour financer le déficit public: la suite

(mise à jour du 3 mars 2026) Alors c'est quoi cette quatrième piste proposée dans le post précédent?

Elle repose sur un constat et un pari. Le constat est celui-ci: la croissance des recettes publiques dépend fortement de celle du Produit intérieur brut (PIB), c'est à dire grosso modo de l'augmentation de la richesse produite par les habitants d'un pays pendant une année. C'est le principe du mécanisme dit “d'élasticité des dépenses publiques” qui est assez intuitif: plus un pays s'enrichit, plus les agents économiques (industries, ménages,..) payent des impôts et taxes associés à l'augmentation de leurs activités et de leur consommation. Le pari, c'est celui-là : quelques dépenses publiques supplémentaires bien ciblées devraient permettre de stimuler la croissance, donc d'augmenter le PIB. Autrement dit : si l'Etat dépense un peu plus, il stimule l'activité des agents économiques, ce qui lui permettra d'encaisser plus de recettes. On résume parfois ce pari d'augmenter les recettes budgétaires par une augmentation des dépenses de l'Etat censée stimuler l'activité économique et donc la croissance du PIB, sous l'expression de politique keynesienne.

Autre élément important. Dans nos démocraties occidentales encore correctement régulées par les contre-pouvoirs (à l'inverse des kleptocraties dont la richesse économique est confisquée par une poignée de dirigeants s'étant débarrassés des contre-pouvoirs), la richesse produite à l'intérieur d'un pays est à la disposition de ses acteurs économiques, population et entreprises en particulier. Plus elle augmente, plus la richesse moyenne des personnes vivant dans le pays augmente: c'est ce qu'on appelle le PIB par habitant. Se pose alors la question clé en social-démocratie d'une répartition équitable au sein de la population des fruits de cette croissance: c'est cette réflexion qui a permis aux pays européens de développer un État protecteur (l'Etat “Providence”) financé grâce à la croissance rapide qu'ils ont connue après la 2ème guerre mondiale.

Or si le pari Keynesien continue de fonctionner pour financer une forme de rattrapage économique dans les pays à revenu intermédiaire, il est franchement hasardeux lorsque les dépenses supplémentaires de l'Etat, n'entrainent pas un surcroît d'activité et donc de recettes pour l'Etat, comme le présentait déjà un article de 2003 s'appuyant sur des conclusions du FMI.. Nous l'avons appris à nos dépens, avec une dette qui s'est irrémédiablement creusée entre 2018 et 2022, comme l'expliquait le 9 sept 2024 le ministre démissionnaire des Finances Bruno Lemaire devant la commission d'Enquête de l'Assemblée nationale. En particulier la crise autour du COVID-19 a entraîné une baisse du PIB 7,5 %, et sa gestion a entraîné une augmentation de 12 points de la dette publique. A titre de comparaison la crise financière de 2008-2011 avait conduit à une baisse du PIB de 2,9 % seulement et conduit à une augmentation de la dette de 25 points, celle-ci passant de 65 % du PIB en 2008 à 90 % à la fin de 2011. Sans oublier le bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité décidé au lendemain de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, qui a permis d'éviter les 15 % ou 20 % d'augmentation des prix constatés chez nos voisins européens, mais à un coût de 55 milliards d’euros. Un dispositif complété par une Loi pouvoir d’achat, adoptée en août 2022 au coût de 20 milliards d'Euros.

En outre, les effets de la croissance sur la pollution, et les émissions de gaz à effet de serre ont été trop longtemps ignorés. Pour autant, promouvoir son contraire sous la forme d'une décroissance est tout aussi pernicieux. Comment en effet financer les besoins d'une population qui augmenterait plus vite que la croissance économique? Car si notre richesse globale augmente peu ou même décroît, comment pouvons-nous alors concilier diminution de la richesse nationale et financement des nécessaires investissements pour favoriser la transition de nos économies avec une répartition plus juste des efforts au nom d'une écologie sociale?

Un article d'Ouest France du 2 mars 2026 précise que Le PIB par habitant de la France est désormais sous la moyenne européenne. Globalement donc, les Français sont désormais moins riches que la moyenne des européens. Ça n'est pas une bonne nouvelle: ça veut dire plus de demande en dépenses sociales et moins de ressources pour les financer. L'article tente d'analyser les causes spécifiques de ce décrochage français: une moindre productivité, l'effet de rattrapage des économies de l'ancien bloc soviétique entrées dans l'Union Européenne il y un peu plus de vingt ans, les statistiques de quelques pays dopées par leurs activités financières pour attirer les sièges sociaux de grandes entreprises.. On pourrait ajouter une démographie encore relativement plus dynamique en France que dans un bon nombre d'autres pays d'Europe, malgré un début de retournement. Une bonne nouvelle que cette tendance à la décroissance de la population? Statistiquement, oui elle relèvera le dénominateur du calcul du PIB par habitant. Ce qui signifiera une population globalement plus riche, mais vieillissante, donc faiblement encline à porter une vision d'avenir pour répondre aux défis que nous rencontrons. Alors une bonne nouvelle? pas vraiment, au contraire.

Aucune politique publique n'est donc totalement idéale, faite de savants dosages pour maximiser les effets positifs tout en minimisant les effets négatifs. Un message toutefois difficile d'entendre, nous qui souhaiterions accorder toute confiance aux promoteurs de solutions simples nous affranchissant de toute responsabilité collective. Un message qui préfigure le rapport de force inégal entre des populismes annonçant des lendemains qui chantent alors que nos démocraties ne peuvent promettre que du sang et des larmes.

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