Salut à toi, lecteur.
J'aurais, il est vrai, pu – dû ? – y attacher l'épithète “potentiel”. Tant il est possible que jamais tu ne voies ces lignes. Je te prends la main et t'amène au bord de mon univers.
Personne – ou presque – ne lit le prologue. Je ne les lis jamais pour ma part. Mais il m'a paru bon de m'y plier. Pour te prévenir. De quoi ? Aucune importance.
La seule raison d'être de ce passage, c'est de me protéger derrière un “Je t'avais prévenu”. Te voilà prévenu.
Ulysse a fait un beau voyage, il est heureux. Je ne peux te proposer que le voyage
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Il pleut. Je ne dors pas. J'écoute le bruit des gouttes qui éclatent sur les volets. Que le vent sifflât, qu'une porte grinçât, que le tonnerre grondât... Je ne vais pas passer en revue tout le Bescherelle. Il eût suffi qu'au moins un des éléments précités accompagnât – décidément je suis en boucle – le bruit de la pluie et vous eussiez pu vous croire dans... vous savez quoi. De série A,B ou Z. Le choix est vôtre. Je suis un fervent défenseur du libre-arbitre. J'ai un dos de cabillaud sur le feu.
Dos de cabillaud royal même. Précision cosmétique. Cosmétique. Baleine. Graisse. Sang. Rouge à lèvre. Qu'il est exquis ce cadavre – pas la baleine, hein! – !
Je dérape. Je patine. Je me reprends. Voilà c'est mieux.
Il pleut. Encore. Je ne dors toujours pas. Je suis devant ma machine à café. J'en questionne l'essence. Je puis le faire, je suis un dasein. Sentiment de supériorité suprême puisque l'humain est le seul étant capable de cette démarche. Il y a peu je me suis converti à la cafetière italienne. La machine ne me fait plus de café, elle en fait pour qui boit du décaféiné. Fonction inchangée, mais qu'en est-il de son rapport au monde ?
Du décaféiné. Dieu m'en préserve. Le réveil sonne. Reprise du contrôle.
J'aurais tellement aimé que le bruit de cette nuit pluvieuse agisse comme un déclencheur comme disent les amateurs d'ASMR pour qui le moindre bruit de succion, la moindre susurration, le moindre tapotement vous emmène dans les limbes du Pacifique.
Mais non. Rien de tout cela. Juste la solitude d'un homme qui se réveille trois minutes avant l'heure. Son corps refuse de bouger – avant l'heure ce n'est pas l'heure – alors que son cerveau fait le café. Le corps a ses raisons que la raison ne connaît point.
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