L'idiot du village
Vous vous dites peut-être que je n'ai pas toutes les frites dans le même panier. Que ce n'est pas de ma faute. Mon père était violent, ça laisse des traces ma bonne m'dame.
J'ai perdu mon père deux fois. Une fois à deux ans, la seconde à cinquante. Entre ces deux bornes j'ai eu un papa qui n'était pas mon père. C'est la vie ma bonne m'dame.
Mon père n'était pas violent. Il n'était pas là. Mon papa était tintinophile, c'est ça qui laisse des traces.
Le père est plus facile à attaquer. Un père s'il ne convient pas, on peut l'effacer. En une phrase. En un mot même. Mais la mère est là. Toujours. Pour toujours. Par défaut. Indestructible. Même Folcoche.
Le père laisse des traces. La mère creuse un sillon.
Comme ils ont raison de me toiser ! Mon matin est pourri mais ce n'est qu'un matin. Lui, le pauvre, ce matin c'est ses matins.
On est toujours le con de quelqu'un. C'est tout ce que je voulais dire.
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