L'idiot du village

Vous vous dites peut-être que je n'ai pas toutes les frites dans le même panier. Que ce n'est pas de ma faute. “Son père était violent, ça laisse des traces ma bonne m'dame”.

J'ai perdu mon père deux fois. Une fois à deux ans, la seconde à cinquante. Entre ces deux bornes j'ai eu un papa qui n'était pas mon père. C'est la vie ma bonne m'dame.

Mon père n'était pas violent. Il n'était pas là. Mon papa n'était pas violent. Il était là.

Le père est plus facile à attaquer. Un père s'il ne convient pas, on peut l'effacer. En une phrase. En un mot même. Un papa c'est plus compliqué. Il faut oser la mauvaise foi. Ou — se — mentir. La mère ? Inattaquable. Elle est là. Toujours. Pour toujours. Par défaut.

Le père, le papa laissent des traces. La mère creuse un sillon.

Vous vous dites peut-être : “Mon matin est pourri mais ce n'est qu'un matin. Lui, le pauvre, ce matin c'est ses matins”.

On est toujours le con de quelqu'un. C'est tout ce que je voulais dire.


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