Interférences

Digression

J'aime à dire que je suis un rebelle, un insoumis, rétif à toute forme d'autorité et tout et tout. Mais je n'aime pas les sushis. Ca m'ennuie. Un peu. Mais pas trop. Nous vivons dans l'abondance. Mais on ne sait jamais.

Imaginez un monde où il n'y aurait que ça. Je serais dans le dur, là. Un rebelle affamé. Et comme ventre vide n'a pas d'oreilles, je serais sourd. Je suis doué pour la musique. Mais je m'appelle Marc. Pas de chance.

Mes chats aiment le saumon. Mais pas en sushi. Donc, quelque part – mais où ? –, ça me poserait problème qu'il n'y ait plus de saumon. Et de réclamer un statut de protection. Mais attention. Pas n'importe quel saumon. Celui d'Ecosse. Ce sont des chats, pas des caniches. Je n'aime pas les chiens. Pas de chance pour les canins.

Pas les sushis. Pas les caniches. Je deviens un être complexe. C'est déjà ça dirait un Soudanais débarquant à Paris. Je précise. Par honnêteté intellectuelle. Et par lâcheté aussi. Peut-être. Ce n'est pas de moi c'est de Souchon.

Ni sushis, ni caniches. Ni Dieu, ni maître.

Souchon les sushis ?


#Microfiction #Fragment #EcritureBrute #Prose #Blog #Interférences #Fediverse #SmallWeb #Absurde #Cynisme #Digression

Il pleut. Je ne dors pas. J'écoute le bruit des gouttes qui éclatent sur les volets. Que le vent sifflât, qu'une porte grinçât, que le tonnerre grondât... Je ne vais pas passer en revue tout le Bescherelle. Il eût suffi qu'au moins un des éléments précités accompagnât – décidément je suis en boucle – le bruit de la pluie et vous eussiez pu vous croire dans... vous savez quoi. De série A,B ou Z. Le choix est vôtre. Je suis un fervent défenseur du libre-arbitre. J'ai un dos de cabillaud sur le feu.

Dos de cabillaud royal même. Précision cosmétique. Cosmétique. Baleine. Graisse. Sang. Rouge à lèvre. Qu'il est exquis ce cadavre – pas la baleine, hein! – !

Je dérape. Je patine. Je me reprends. Voilà c'est mieux.

Il pleut. Encore. Je ne dors toujours pas. Je suis devant ma machine à café. J'en questionne l'essence. Je puis le faire, je suis un dasein. Sentiment de supériorité suprême puisque l'humain est le seul étant capable de cette démarche. Il y a peu je me suis converti à la cafetière italienne. La machine ne me fait plus de café, elle en fait pour qui boit du décaféiné. Fonction inchangée, mais qu'en est-il de son rapport au monde ?

Du décaféiné. Dieu m'en préserve. Le réveil sonne. Reprise du contrôle.

J'aurais tellement aimé que le bruit de cette nuit pluvieuse agisse comme un déclencheur comme disent les amateurs d'ASMR pour qui le moindre bruit de succion, la moindre susurration, le moindre tapotement vous emmène dans les limbes du Pacifique.

Mais non. Rien de tout cela. Juste la solitude d'un homme qui se réveille trois minutes avant l'heure. Son corps refuse de bouger – avant l'heure ce n'est pas l'heure – alors que son cerveau fait le café. Le corps a ses raisons que la raison ne connaît point.


#Ecriture #Cynisme #Insomnie #Heidegger #Absurde #Fediverse #Digression #ChroniquesDeLOblique #Microrécit #SmallWeb #Interference