Prodrome – Partie 2
Comment devient-on un tueur en série
Les gants jaunes
C'est l'heure de la vaisselle.
J'ai enfilé mes gants de ménage. Jaunes. Le claquement du latex, la douceur de la doublure. Je n'ai plus d'empreintes, je ne laisse plus de traces.
Je deviens invisible. Libre. Comme le couvercle qui s'est évadé de l'armoire. Dangereux ?
Mon corps est un lave-vaisselle, ma tête descend la colline. Sisyphe version 2.0 : faire la vaisselle en pensant à autre chose.
Une assiette : je suis un chirurgien.
Un couteau : un scalpel.
Libre pendant que je récure les plats, que je remonte ma pierre. Camus dépassé. A moi le Prix Nobel.
Londres. Whitechapel. La nuit. Une rue pavée. Un rai de lumière transperce le brouillard. Dans la chambre un corps, dans la cuisine un homme. L'eau coule dans le siphon. Je retire les gants. Clac. Tête et corps à nouveau en syntonie.
Je range le couvercle. Je n'ai plus mes gants. La prochaine fois, je les garde. Juste pour voir. Pour faire avancer la recherche.
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