Pascal fout le bordel

Il pleut. Je ne dors pas. J'écoute le bruit des gouttes. Que le vent sifflât, qu'une porte grinçât, que le tonnerre grondât... Je ne vais pas passer en revue tout le Bescherelle. Il eût suffi qu'au moins un des éléments précités accompagnât – décidément je suis en boucle – le bruit de la pluie et vous eussiez pu vous croire dans... De série A, B ou Z. Je suis un fervent défenseur du libre-arbitre. J'ai un dos de cabillaud sur le feu.

Dos de cabillaud royal. Précision cosmétique. Cosmétique, baleine. Baleine, graisse. Graisse, rouge à lèvre. Baleine, rouge à lèvre. C'en est assez de massacrer les cétacés pour se peinturlurer.

Je dérape, patine, me reprends.

Il pleut. Encore. Je suis devant ma machine à café. J'en questionne l'essence. Je puis le faire, je suis un dasein. Sentiment de supériorité suprême : l'humain est le seul étant capable de cette démarche. Il y a peu je me suis converti à la cafetière italienne. La machine ne me fait plus de café, elle en fait pour qui boit du décaféiné. Fonction inchangée, mais qu'en est-il de son rapport au monde ?

Du décaféiné. Dieu m'en préserve. Le réveil sonne. Reprise du contrôle.

J'aurais aimé que le bruit de cette nuit pluvieuse agisse comme un déclencheur comme disent les amateurs d'ASMR pour qui le drip, drip, drip de l'évier de la cuisine un vendredi soir vous transporte dans les limbes. Du Pacifique.

Mais non. Juste la solitude d'un homme qui se réveille trois minutes avant l'heure. Son corps refuse de bouger – avant l'heure ce n'est pas l'heure – alors que son cerveau fait le café. Le corps a ses raisons que la raison ne connaît point.


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